Deuxième volet sur l'illégitimité du système, une semaine après le premier. Johann a retenu une quinzaine de questions laissées par les spectateurs sous l'article et les pose une par une à Wojnicz. Wojnicz commence par un avertissement qu'il répète toute la soirée : il lance des pistes, il ne distribue pas de recettes. Il compare ses informations à des appâts qu'il ne faut pas avaler trop vite, et refuse de diffuser des modèles de courriers. Appliquer une méthode trouvée sur internet sans en maîtriser la logique expose, dit-il, à des huissiers, à des saisies, à des maisons hypothéquées, parfois à des couples qui se déchirent. Sa formule : on ne donne pas les clés d'une Ferrari à quelqu'un qui n'a pas le permis.
Sur les démarches concrètes, Wojnicz écarte les raccourcis. Déclarer zéro en auto-entrepreneur ? Bien plus complexe que cela, et les institutions ripostent. La Common Law Court ? Wojnicz la juge opaque, dépendante de la juridiction anglaise, et critique la vente de documents de souveraineté et de produits dérivés : pour lui, la souveraineté ne s'obtient pas en s'inscrivant quelque part. Révoquer son certificat de naissance pour se faire rembourser ses taxes, ou réclamer un héritage pour ses enfants, il range cela parmi les gestes symboliques, en rappelant la différence qu'il fait entre certificat et acte de naissance. Wojnicz explique aussi ce qu'est l'UCC, le code de commerce uniforme américain, dont il juge la réglementation applicable partout puisque tout, selon lui, relève du commerce. Interrogé plus tôt sur ceux qui tiennent les rênes du système, il avait désigné la City de Londres, le District of Columbia et le Vatican. Il affirme par ailleurs que plusieurs administrations françaises ne figurent pas au registre du commerce, ce qui les priverait selon lui du droit de poursuivre. Il raconte aussi l'OPPT, One People's Public Trust : un audit interne mené en 2012 par trois personnes, qui aurait mis les États et les corporations en forclusion faute de réponse et transféré leurs biens à un trust au profit du peuple. Si rien n'a changé dans les faits, dit-il, c'est que les élites font comme si de rien n'était et que chacun continue de jouer le jeu.
Sur la monnaie numérique, Wojnicz renvoie aux monnaies libres et à l'organisation locale, puis Johann prend la main. Il explique que chaque transaction passerait par la banque centrale, qui pourrait l'accepter ou la refuser, et imagine un paiement bloqué au-delà d'un kilomètre du domicile pendant un confinement. Johann conseille de ne pas laisser toute son épargne au même endroit, de garder du liquide et de miser sur le boycott, et annonce une émission entière sur la souveraineté monétaire. Interrogé par Johann sur les gardes à vue, Wojnicz dit n'en avoir jamais connu, distingue la retenue de quatre heures de la garde à vue, et décrit une attitude cordiale et pédagogue face aux forces de l'ordre. Johann rappelle de son côté que la police est payée par l'impôt. La dernière question porte sur l'organisation à l'échelle nationale : Wojnicz défend sa stratégie d'émancipation collective, des cellules locales décentralisées sur le modèle du réseau Solaris, reliées entre elles comme un réseau neuronal, qu'il présente comme un contre-pied au mondialisme. D'autres émissions sont annoncées, dont une sur la santé.