Le plateau s'ouvre sur un article annonçant le rappel d'anciens gendarmes. Abdel Zahari le commente, puis laisse la parole à son invité, qui y voit une préparation de longue date et une volonté de déclencher une révolte. Johann Fakra commence par un appel à l'union des audiences alternatives : il dit voir des gens sortir de la dissonance cognitive pendant le confinement, et estime qu'ils ont besoin d'être accompagnés pour comprendre. Il décrit une presse alternative où circulent aussi de faux lanceurs d'alerte, dont il ne cite aucun nom, chargés selon lui de semer le doute jusqu'à ce que les gens se désintéressent. Il a 39 ans, communique depuis douze ans sur les réseaux sociaux, et refuse d'en vouloir à ceux qui ne comprennent pas : il les décrit comme conditionnés depuis la naissance et dit les voir comme des victimes.
Interrogé sur son fils de bientôt cinq ans, il exclut de le faire vacciner contre le Covid. Il raconte l'installation d'une antenne à une centaine de mètres de chez lui, au Pays basque, et des voisins qui se sont plaints de migraines, sans en tirer de conclusion : il dit ne pas être expert et reprocher surtout aux opérateurs de n'avoir financé aucune étude sanitaire. Il trouve le calendrier étrange, entre une pandémie, un vaccin que Bill Gates associe selon lui à une puce d'identification via ID2020, et un réseau déployé pendant que la population était enfermée. Il présente ensuite un document de la fondation Rockefeller daté de 2010 où, page 18, une pandémie part de Chine, où Pékin répond par le confinement, et où la surveillance de masse finit par être présentée comme la protection. Il décrit le crédit social chinois, cite un documentaire d'Arte qu'il appelle « 7 milliards de suspects », avance plus de 1 000 milliards de dollars investis pour l'exporter et plus de 80 pays intéressés, et dit que Macron aurait rencontré plusieurs fois des émissaires chinois à ce sujet. Le tout se ramène pour lui à la stratégie du choc : créer le problème, saturer de discours contradictoires, laisser les gens réclamer eux-mêmes la solution. Il présente 2009 comme un test manqué, avec 25 000 morts au lieu des millions annoncés, et dit avoir relevé sur le site du gouvernement une consigne demandant de déclarer Covid les patients aux symptômes évocateurs sans les tester, consigne retirée depuis selon lui, dont il affirme avoir gardé une capture.
Sur les gilets jaunes, il dit avoir été « comme un gosse » et avoir passé du temps sur les ronds-points, tout en assumant un désaccord avec son hôte : la solution ne viendra pas de la rue, parce que c'est là qu'on les attend. Il avance l'hypothèse d'une colère entretenue pour provoquer une perte de contrôle, faire sortir l'armée et concentrer les pouvoirs. Il lui préfère une désobéissance dispersée, des millions de refus individuels que la police ne pourrait pas encercler. Il décrit quatre phases : prise de conscience, colère, prise de recul, objectivité, et dit être resté des années dans la deuxième. Vient enfin son parcours. Un profil sous le pseudonyme Alain Proviste, une première page, puis une page appelée « On sait ce qu'on veut qu'on sache », fermée trois ou quatre fois. Un projet d'espace d'expression avec partage de revenus entre pages et auteurs, coulé il y a un an et demi, dit-il, par un article des Décodeurs du Monde le désignant comme l'homme à la tête du plus gros réseau de sites complotistes en France : le journaliste aurait contacté ses régies publicitaires, qui ont rompu. Un an de retrait, un retour depuis quelques mois, une page nommée « S'informer autrement » et 233 000 abonnés. Il raconte aussi avoir lancé avec d'autres une émission portant le nom « les Décodeurs », y avoir participé le premier mois, puis être sorti du projet. Il prépare maintenant avec Matt et une troisième personne une émission de débats, sans nom encore, tenue la plus neutre possible pour atteindre ceux qui s'arrêtent à Wikipédia. Abdel Zahari lui propose un réseau d'influenceurs et décrit son studio. Les deux tombent d'accord pour ne plus aller dans les médias et construire les leurs.