Épisode enregistré pour juillet 2023, sans invité extérieur : Jean-Jacques Crèvecoeur et Jérémie Mercier expliquent d'entrée qu'ils n'ont trouvé personne de disponible et tiennent l'émission à deux. Jérémie Mercier se présente comme éducateur en santé, normalien en chimie et docteur de l'Imperial College de Londres. Jean-Jacques Crèvecoeur rappelle sa maîtrise en physique quantique, son doctorat abandonné après sa rencontre avec Edgar Morin, puis son travail sur l'épistémologie des pratiques médicales. Le sujet est la iatrogénèse, c'est-à-dire les maladies provoquées par le traitement lui-même, protocole correctement suivi et hors erreur médicale. Jean-Jacques Crèvecoeur raconte avoir découvert la notion au début des années 1980 dans « Némésis médicale » d'Ivan Illich, qui plaçait déjà la médecine entre la troisième et la cinquième cause de mortalité dans les pays industrialisés. Jérémie Mercier renvoie à son article mis à jour en novembre 2016, qui avance 70 000 morts par an en France, tout en reconnaissant la difficulté de ces décomptes. Jean-Jacques Crèvecoeur prend alors un autre angle et lit un article du British Medical Journal de juin 2000 sur une grève de médecins en Israël, où des directeurs de pompes funèbres constatent une baisse du nombre de décès.
Tous deux reconnaissent des bénéfices à la médecine allopathique : l'urgence vitale, les traumatismes, la chirurgie. Jean-Jacques Crèvecoeur ajoute que certains processus de guérison, selon les travaux du docteur Hamer qu'il a étudiés, deviennent parfois assez violents pour qu'il faille des médicaments pour les freiner. Vient ensuite l'effet nocebo, que Jean-Jacques Crèvecoeur découpe en choc de diagnostic et choc de pronostic, avec des personnes qui se dégradent après une simple annonce, y compris sur un faux positif. Jérémie Mercier enchaîne sur la médecine qui éteint le symptôme sans chercher la cause et compare le recours au Doliprane à un garagiste qui collerait du ruban noir sur les voyants du tableau de bord. Les exemples s'enchaînent ensuite. Jean-Jacques Crèvecoeur revient sur l'intubation des patients covid, sur l'AZT prescrit aux séropositifs à partir du milieu des années 1980, puis sur l'abaissement des seuils de cholestérol et de tension qui transforme des bien-portants en patients, en s'appuyant sur le livre « Les inventeurs de maladies ». Il expose aussi une étude australienne reliant mort subite du nourrisson et vaccination, et le report de l'âge de vaccination décidé au Japon. Jérémie Mercier conteste le dépistage organisé du cancer du sein, sans bénéfice selon lui sur la mortalité globale, à la suite de ses entretiens avec Gérard Delépine. Jean-Jacques Crèvecoeur décrit enfin le cumul de médicaments, illustré par son père passé de neuf traitements à deux, et l'élargissement du DSM, qui range désormais le deuil prolongé ou l'attention portée à son alimentation parmi les pathologies.
La fin de l'émission porte sur les solutions. Prendre conscience du problème d'abord, insiste Jérémie Mercier, qui défend ensuite une approche globale de la santé contre l'hyperspécialisation et cite ces patients envoyés chez un gastro-entérologue à qui personne ne demande ce qu'ils mangent. Jean-Jacques Crèvecoeur conseille de réduire sa consommation de médicaments, notices en main et avec son médecin, comme il l'a fait avec son père, puis d'apprendre à écouter les signaux faibles du corps. Jérémie Mercier revient sur l'alimentation, à partir de ce qu'il a observé dans les zones bleues, et sur le cercle de relations qui entoure une personne. Jean-Jacques Crèvecoeur termine en demandant de ne déléguer la décision finale à personne, y compris à Jérémie Mercier et à lui-même. Les deux annoncent une émission sur le paradigme pastorien pour septembre ou octobre.