Alex Ferrini vient parler de « Vivante ! », le film qu'il a réalisé après « Régénération ». Il explique que le premier reposait sur l'homéostasie et que celui-ci part du principe d'hormèse, que l'extrait diffusé en ouverture résume ainsi : des sollicitations brèves et intenses, à la limite des capacités d'adaptation, suivies d'un temps de repos suffisant. Alex Ferrini raconte avoir filmé des témoins porteurs de pathologies très différentes (maladie de Crohn, burn-out, paralysie, sclérose en plaques, cancer) et des intervenants venus de l'agriculture, de la médecine, de la naturopathie et de l'épigénétique. Le tournage a pris six mois pour l'essentiel, puis quelques mois de plus. Elfi, qui apparaît dans le film, raconte avoir reçu à 27 ans un diagnostic de polyarthrite rhumatoïde présentée comme incurable et dégénérative, et s'être tournée vers une autre voie faute de proposition qui lui convienne.
Léonardo Pelagotti, formateur d'instructeurs de la méthode Wim Hof, détaille les trois piliers de cette méthode : le froid, la respiration et le mental. Il situe en 2013 le moment où elle a cessé d'être un show et une affaire de records, avec l'expérience au cours de laquelle des volontaires entraînés se sont vu injecter une souche d'Escherichia coli et ont présenté beaucoup moins de symptômes que le groupe non entraîné. Ancien gymnaste de niveau national en Italie, Léonardo Pelagotti dit avoir découvert la méthode par hasard en 2015, alors qu'il ne se sentait pas concerné, et y ajoute deux piliers à sa façon : le plaisir et le lien, à soi, aux autres et à la nature. Il défend surtout la respiration nasale, ni trop ni trop peu, et raconte avoir ventilé par la bouche pendant des années, allergique et les voies respiratoires enflammées, avant de voir ces troubles disparaître. Pierre Etchart, ostéopathe au Pays basque, oppose de son côté les principes aux recettes : toute méthode est fausse par définition puisqu'elle dépend des connaissances du moment, et ce qui compte est l'art de la pratique, la façon dont chacun s'approprie l'outil. Il dit être venu au froid par la physiologie, en étudiant la thermogenèse : l'organisme est équipé pour produire de la chaleur, « un chauffage et non un climatiseur », ce qui l'a intrigué avant qu'il n'expérimente lui-même.
La seconde partie porte sur le titre de l'émission. Pierre Etchart distingue la maladie, qui n'est que l'expression de symptômes, et la pathologie, qui désigne les processus expliquant ces symptômes. Pour lui, l'organisme s'adapte en permanence, produit donc des symptômes en permanence, et la maladie est une réponse plutôt qu'un problème. L'image de l'alarme incendie que l'on débranche avant de retourner se coucher, pendant que le feu continue de brûler, revient dans l'échange. Pierre Etchart ajoute qu'éteindre un symptôme oblige le corps à redoubler d'efforts, ce qui produirait des symptômes plus lourds et une médicalisation croissante. Il conteste ce qu'il appelle le dogme pasteurien, l'idée d'un corps stérile et de microbes venus du dehors, qu'il oppose à ce que l'on sait du microbiote intestinal, et évoque un travail en cours sur les microzymas décrits au 19e siècle. Léonardo Pelagotti raconte le cas d'une participante à l'un de ses stages, sous chimiothérapie, dont le nombre de globules blancs aurait doublé après trois jours de pratique, d'après les analyses faites à l'hôpital. Pierre Etchart estime que la médecine allopathique devrait être le recours et non la règle, et termine sur le lien aux autres, qu'il tient pour l'élément le plus sous-estimé de la santé.